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TVA et facturation

TVA 6% ou 21% en rénovation en Belgique : le guide définitif pour les artisans

Voici la réponse, sans détour : le taux de TVA réduit de 6% s’applique aux travaux de rénovation d’un logement privé de plus de 10 ans, facturés au consommateur final. Dans tous les autres cas, c’est 21%.

L’équipe Trustup ProMis à jour le Publié le 21 min de lecture
Un cuisiniste fait signer un devis à une propriétaire dans une cuisine en rénovation d'une maison des années 1930, image générée pour la maquette
Sommaire · 11 parties
  1. Les 3 conditions cumulatives pour appliquer la TVA à 6%
  2. Les travaux éligibles au taux de 6%
  3. Les travaux exclus du 6% : toujours 21%
  4. Les cas limites et pièges courants
  5. Attestation TVA 6 % : supprimée depuis 2022
  6. La mention obligatoire sur la facture
  7. Le régime du cocontractant (autoliquidation)
  8. Erreurs fréquentes et risques de redressement
  9. Récapitulatif : checklist avant chaque facture à 6%
  10. Questions fréquentes
  11. En résumé

Simple en apparence. Mais dans la pratique, chaque chantier amène son lot de questions. Un client affirme que sa maison a « environ 10 ans ». Un autre veut refaire sa cuisine, bureaux compris. Un troisième demande de facturer sa société. Et l’entrepreneur doit trancher. Vite. Sur le terrain.

Le problème, c’est qu’une erreur de taux n’est pas anodine. Ce n’est pas une formalité administrative sans conséquence. Si le taux de 6% est facturé alors que les conditions ne sont pas réunies, c’est l’entrepreneur qui paie la différence. 15 points de TVA en plus. Des intérêts de retard. Et une amende qui peut grimper jusqu’à 200% de la TVA due. Un seul redressement peut mettre à mal la trésorerie de toute une année.

Ce guide couvre tout ce qu’il faut savoir : les trois conditions cumulatives, les travaux éligibles métier par métier, les exclusions, les cas limites, la mention à inscrire sur les factures (qui remplace l’attestation depuis 2022), le régime du cocontractant et les erreurs les plus fréquentes. Un guide à garder sous la main.

Les 3 conditions cumulatives pour appliquer la TVA à 6%

Le taux réduit de 6% n’est pas automatique. Il repose sur trois conditions qui doivent être réunies en même temps. Si une seule d’entre elles manque, c’est 21%. Pas de négociation possible.

Condition 1 : le bâtiment a plus de 10 ans

L’ancienneté se calcule à partir de la date de première occupation, pas de la date du permis de bâtir, ni de la date de fin des travaux de construction. C’est le moment où quelqu’un a effectivement habité le logement pour la première fois qui fait foi.

Concrètement, si une maison a été construite en 2014 mais n’a été habitée qu’à partir de mars 2016, le taux de 6% ne peut pas être appliqué avant mars 2026.

En cas de doute, une vérification auprès du cadastre est possible, ou le client peut fournir un document attestant la date de première occupation (acte de vente, certificat PEB avec la date, ancien bail, etc.).

Condition 2 : le bâtiment est affecté principalement au logement privé

Le logement doit être utilisé principalement comme habitation privée. « Principalement » signifie que plus de 50% de la surface est consacrée au logement.

Un bâtiment purement commercial (bureau, magasin, entrepôt, cabinet médical) ne bénéficie jamais du 6%, peu importe son âge. Un logement mixte (habitation + activité professionnelle) reste éligible tant que la partie privée dépasse les 50%.

Attention : c’est l’affectation réelle qui compte, pas ce qui figure sur les plans. Si un client utilise tout son rez-de-chaussée comme bureau alors que le permis indique « logement », c’est l’usage réel qui prime.

Condition 3 : les travaux sont facturés au consommateur final

Le taux de 6% s’applique uniquement quand la facture est adressée directement au consommateur final : le propriétaire, le locataire ou l’usufruitier du logement. En d’autres termes, une personne physique qui n’agit pas en tant qu’assujetti à la TVA pour ces travaux.

Si la facture est adressée à une entreprise, une société immobilière, un promoteur ou un autre entrepreneur du bâtiment, le taux de 6% ne s’applique pas, même si les travaux concernent un logement de plus de 10 ans. Dans le cas d’une sous-traitance, c’est le régime du cocontractant qui s’applique (développé plus loin dans ce guide).

La règle d’or : les trois conditions doivent être réunies simultanément. Bâtiment de 15 ans mais utilisé comme bureau ? C’est 21%. Logement privé de 12 ans mais travaux facturés à la société du client ? C’est 21%. Logement privé facturé au propriétaire mais construit il y a 8 ans ? C’est 21%.

Les travaux éligibles au taux de 6%

Quand les trois conditions sont remplies, le taux réduit s’applique aux travaux de transformation, rénovation, réhabilitation, réparation et entretien d’un bâtiment. Cela couvre une très large gamme d’interventions.

Voici ce que ça donne concrètement, métier par métier.

Électricien

  • Mise en conformité de l’installation électrique selon le RGIE
  • Remplacement du tableau électrique
  • Ajout ou déplacement de prises et interrupteurs
  • Installation d’un système domotique intégré au bâtiment
  • Pose de luminaires encastrés (mais pas les luminaires eux-mêmes s’ils ne sont pas fixés)
  • Installation d’un parlophone ou vidéophone

Plombier

  • Remplacement d’une chaudière
  • Rénovation complète de la salle de bain (sanitaires, tuyauterie, raccordements)
  • Débouchage et réparation de canalisations
  • Installation ou remplacement d’un chauffe-eau
  • Remplacement de radiateurs
  • Installation d’un adoucisseur d’eau intégré

Peintre

  • Peinture intérieure et extérieure
  • Pose de papier peint et tapisserie
  • Ravalement de façade
  • Travaux de décapage et préparation des surfaces
  • Application d’enduits décoratifs

Couvreur

  • Réparation ou remplacement de la toiture
  • Pose ou remplacement de gouttières et descentes d’eau
  • Installation d’une sous-toiture et isolation du toit
  • Pose de velux et fenêtres de toit
  • Réparation de cheminée
  • Zinguerie

Maçon

  • Rejointoyage de façade
  • Réparation et consolidation de murs
  • Réalisation d’une chape
  • Travaux de gros oeuvre en rénovation
  • Ouverture ou fermeture de baies
  • Isolation par l’extérieur (crépi isolant)

Menuisier

  • Remplacement de châssis (fenêtres et portes)
  • Pose ou remplacement d’un escalier intérieur
  • Installation de portes intérieures
  • Pose de parquet (y compris la préparation du sol)
  • Fabrication et pose de placards encastrés

Carreleur

  • Remplacement de carrelage au sol et au mur
  • Pose de carrelage sur un support existant
  • Réalisation d’une chape avant carrelage
  • Pose de mosaïque et pierre naturelle

Chauffagiste

  • Remplacement d’une chaudière (gaz, mazout, pellets)
  • Installation d’une pompe à chaleur en rénovation
  • Pose de chauffage par le sol en remplacement d’un système existant
  • Installation ou remplacement de radiateurs
  • Entretien et réparation du système de chauffage

Façadier / Isolateur

  • Isolation des murs par l’extérieur (ETICS/crépi isolant)
  • Isolation des murs par l’intérieur
  • Isolation du sol et de la toiture
  • Insufflation d’isolant dans les murs creux

Jardinier / Abords

  • Certains travaux sont éligibles, mais uniquement s’ils sont directement liés au bâtiment : réparation d’une terrasse attenante, d’un mur de soutènement, d’une allée d’accès au logement
  • L’aménagement purement esthétique du jardin (pelouse, plantations, éclairage décoratif) n’est pas éligible

Les travaux exclus du 6% : toujours 21%

Même si les trois conditions de base sont remplies, certains travaux restent soumis au taux normal de 21%. Cette liste est à connaître par coeur.

Construction neuve

Tout ce qui relève de la construction neuve est à 21%. Cela inclut les bâtiments neufs (évidemment), mais aussi les reconstructions complètes après démolition totale. Si un bâtiment est rasé pour en construire un nouveau, c’est considéré comme du neuf, même si le bâtiment d’origine avait 100 ans.

Extensions importantes

Les extensions qui augmentent la surface habitable de manière significative sont exclues du 6%. La règle est complexe : si l’ancienne partie du bâtiment (celle de plus de 10 ans) ne représente plus la majorité de la surface après extension, le 6% ne s’applique plus. C’est un calcul au cas par cas. En cas d’extension importante, il est indispensable de consulter un comptable avant de facturer.

Piscines, saunas et jacuzzis

La construction ou l’installation d’une piscine (intérieure ou extérieure), d’un sauna ou d’un jacuzzi est toujours à 21%. C’est considéré comme un élément de luxe, pas comme un travail de rénovation du logement. Attention : même les travaux de réparation d’une piscine existante restent à 21%.

Aménagements extérieurs non liés au bâtiment

  • Clôtures et portails
  • Abris de jardin indépendants
  • Aménagement paysager
  • Éclairage de jardin
  • Allées et terrasses qui ne sont pas directement attenantes au bâtiment

Appareils électroménagers

Les appareils électroménagers restent à 21%, même s’ils sont encastrés dans des meubles qui, eux, bénéficient du 6%. Cela concerne : le four, la hotte, le lave-vaisselle, le réfrigérateur, la plaque de cuisson, le micro-ondes encastré, etc. Sur une même facture de cuisine, deux taux différents peuvent donc coexister.

Nettoyage

Le nettoyage n’est pas considéré comme un « travail immobilier ». Le nettoyage après chantier, le nettoyage de vitres, le nettoyage industriel : tout ça reste à 21%.

Bâtiments à usage professionnel

Les travaux sur des bâtiments utilisés principalement à des fins professionnelles (bureaux, commerces, ateliers, cabinets, restaurants) sont toujours à 21%, quel que soit l’âge du bâtiment.

Les cas limites et pièges courants

C’est ici que ça se complique. Les situations « propres » sont rares sur le terrain. Voici les cas qui posent le plus souvent problème.

Le logement mixte (habitation + bureau)

Un indépendant qui travaille depuis chez lui. Son salon est aussi son bureau, ou il a aménagé une pièce dédiée à son activité. Le 6% est-il applicable ?

Oui, à condition que l’habitation reste l’affectation principale. « Principale » signifie que plus de 50% de la surface totale du bâtiment est consacrée au logement. Si le client utilise 30% de la surface comme bureau et 70% comme habitation, le 6% s’applique sur l’ensemble des travaux liés au bâtiment.

En revanche, si la partie professionnelle dépasse les 50%, c’est 21% sur tout. Il n’y a pas de prorata : c’est tout ou rien, basé sur l’affectation principale.

La maison divisée en appartements

Quand une maison a été divisée en plusieurs unités de logement, chaque unité doit remplir les conditions séparément. Si un appartement au rez a été créé il y a 5 ans dans un bâtiment de 30 ans, la question se pose : quelle est la date de « première occupation » de cet appartement ?

La réponse dépend de l’ampleur des travaux de transformation. Si la division a nécessité des travaux tellement importants qu’on peut considérer qu’un « nouveau logement » a été créé, c’est la date de ces travaux qui compte. En cas de doute, consulter un comptable spécialisé est la démarche recommandée.

Les parties communes de copropriété

Les travaux sur les parties communes (cage d’escalier, toiture, façade, hall d’entrée) d’un immeuble à appartements bénéficient du 6% si :

  • L’immeuble a plus de 10 ans (depuis sa première occupation)
  • La surface totale est affectée principalement au logement privé (plus de 50%)
  • Les travaux sont facturés au syndic ou à l’association des copropriétaires (consommateur final)

Si l’immeuble comporte des commerces au rez-de-chaussée mais que la majorité de la surface est résidentielle, le 6% s’applique aux parties communes. Si les commerces occupent plus de 50% de la surface, c’est 21%.

Démolition et reconstruction

En principe, une démolition suivie d’une reconstruction est considérée comme une construction neuve : 21%. Cependant, il existe un régime spécifique de TVA réduite pour la démolition-reconstruction de logements dans certaines conditions. Ce régime a évolué plusieurs fois ces dernières années. Les règles dépendent de la localisation du bien, de sa destination et du type de maître d’ouvrage. Vu la complexité et les changements fréquents de cette réglementation, il est vivement recommandé de consulter un comptable ou le SPF Finances avant de facturer.

Les panneaux solaires

Bonne nouvelle : les panneaux solaires (photovoltaïques et thermiques) bénéficient du taux de 6% quand ils sont installés sur un logement privé de plus de 10 ans. Les panneaux sont considérés comme faisant partie intégrante du bâtiment puisqu’ils sont fixés à la structure (toiture ou façade).

Cela inclut l’onduleur, le câblage et les travaux d’installation. En revanche, une batterie de stockage domestique est un sujet plus délicat : il est prudent de se renseigner auprès d’un comptable sur le traitement en vigueur.

Les bornes de recharge

L’installation d’une borne de recharge pour véhicule électrique bénéficie du 6% si elle est posée dans un logement privé de plus de 10 ans et facturée au consommateur final. La borne est considérée comme un équipement fixé au bâtiment, au même titre qu’un interrupteur ou un tableau électrique.

La cuisine équipée : le piège classique

C’est le cas qui génère le plus de questions. Et de redressements.

Voici la règle : les meubles de cuisine fixés (caissons, plan de travail, évier intégré, crédence) bénéficient du 6%. Les appareils électroménagers (four, hotte, plaque de cuisson, lave-vaisselle, réfrigérateur) restent à 21%.

Sur la facture, il faut séparer clairement les deux catégories. Une ligne pour les meubles et la pose (6%), une autre pour les appareils (21%). Même si le client demande de tout mettre sur une seule ligne « cuisine complète », il ne faut pas le faire. C’est le meilleur moyen d’attirer un contrôle.

Attestation TVA 6 % : supprimée depuis 2022

Jusqu’en 2021, le client signait une attestation pour confirmer les conditions du taux réduit. Elle n’existe plus : depuis le 1er juillet 2022, c’est la facture qui porte une mention légale, et le client a un mois pour la contester par écrit. Sans contestation, il est présumé reconnaître que les conditions sont remplies, et c’est lui qui en assume la responsabilité.

Ce que cela change pour l’entrepreneur

  • Plus de document à faire signer avant le chantier.
  • La mention légale doit figurer sur chaque facture à 6 %.
  • Les trois conditions se vérifient toujours avec le client avant le devis : ancienneté du logement, usage privé, consommateur final.

Attention : la mention ne protège pas l’entrepreneur s’il savait (ou aurait dû savoir) que les conditions n’étaient pas remplies. Poser une cuisine dans un immeuble de bureaux flambant neuf et facturer à 6 % ne tiendra pas en cas de contrôle, mention ou pas.

Quelles pièces conserver ?

Les factures et les éléments qui justifient le 6 % (date de première occupation, usage du logement), aussi longtemps que l’administration peut contrôler. Un dossier par chantier, avec une copie numérique, évite de chercher le jour du contrôle.

La mention obligatoire sur la facture

Chaque facture émise au taux de 6% doit comporter une mention légale spécifique. Ce n’est pas une option, c’est une obligation légale. Son absence peut entraîner un redressement.

Le texte à inscrire

Voici la mention à reproduire sur chaque facture à 6 % :

« Taux de TVA : En l’absence de contestation par écrit, dans un délai d’un mois à compter de la réception de la facture, le client est présumé reconnaître que (1) les travaux sont effectués à un bâtiment d’habitation dont la première occupation a eu lieu au cours d’une année civile qui précède d’au moins dix ans la date de la première facture relative à ces travaux, (2) qu’après l’exécution de ces travaux, l’habitation est utilisée, soit exclusivement, soit à titre principal comme logement privé et (3) que ces travaux sont fournis et facturés à un consommateur final. Si au moins une de ces conditions n’est pas remplie, le taux normal de TVA de 21 % sera applicable et le client endossera, par rapport à ces conditions, la responsabilité quant au paiement de la taxe, des intérêts et des amendes dus. »

Source : UCM, fin de l’attestation TVA pour les travaux de rénovation à 6 %.

Un conseil pratique

Configurer cette mention comme un modèle dans le logiciel de facturation est la meilleure approche. La plupart des outils permettent de créer des modèles de facture avec des textes prédéfinis. Cela fait gagner du temps et élimine le risque d’oubli.

En cas d’oubli de la mention

L’absence de la mention sur la facture ne change pas le taux applicable en soi, mais elle constitue une infraction formelle. En cas de contrôle, l’administration peut considérer que les obligations liées au taux réduit n’ont pas été respectées et appliquer des sanctions. C’est un détail administratif, mais un détail qui peut coûter cher.

Le régime du cocontractant (autoliquidation)

En cas de sous-traitance pour un autre entrepreneur assujetti à la TVA dans le cadre de travaux immobiliers, la TVA n’est pas facturée. C’est le régime du cocontractant, aussi appelé autoliquidation.

Comment ça fonctionne ?

Au lieu de facturer la TVA au donneur d’ordre et de la reverser à l’État, c’est le donneur d’ordre qui déclare lui-même la TVA dans sa propre déclaration périodique. En pratique :

  1. La facture est émise sans TVA (montant HTVA uniquement)
  2. La facture porte la mention : « Autoliquidation, TVA à acquitter par le cocontractant, art. 20 de l’AR n°1 »
  3. Le donneur d’ordre reprend la TVA dans sa déclaration (grille 56 et 87 de la déclaration TVA belge)

Quand s’applique-t-il ?

Le régime du cocontractant s’applique dès que deux conditions sont réunies :

  • Il s’agit de travaux immobiliers (au sens large : construction, rénovation, réparation, entretien, nettoyage de bâtiments)
  • Le client est un assujetti à la TVA qui dépose des déclarations périodiques et qui effectue lui-même des travaux immobiliers

Un point important

Le régime du cocontractant s’applique indépendamment du taux final. Même si les travaux finaux bénéficient du 6% (parce que le consommateur final remplit les conditions), le sous-traitant facture sans TVA au donneur d’ordre. C’est le donneur d’ordre qui facturera le consommateur final au taux approprié (6% ou 21%).

Il ne faut jamais confondre les deux mécanismes. Le cocontractant concerne la relation entre entrepreneurs. Le 6%/21% concerne la relation avec le consommateur final.

Erreurs fréquentes et risques de redressement

Après des années de pratique, les mêmes erreurs reviennent encore et encore. Voici les plus courantes et les plus coûteuses.

Erreur n°1 : confondre date de construction et date de première occupation

Le délai de 10 ans court à partir de la première occupation, pas du permis de bâtir, pas de la réception provisoire, pas de la date de construction. Un bâtiment construit en 2015 mais occupé seulement en 2017 ne sera éligible au 6% qu’en 2027. La vérification doit être systématique.

Erreur n°2 : facturer à 6% pour un client professionnel

Quand un indépendant ou une société demande de facturer au nom de l’entreprise, c’est 21% (ou cocontractant si les conditions sont remplies). Même si les travaux sont réalisés dans un logement de plus de 10 ans. Le taux réduit exige que la facturation soit faite au consommateur final, personne physique.

Erreur n°3 : se fier à une ancienne attestation

Certains entrepreneurs font encore signer l’ancienne attestation. Elle n’a plus de valeur depuis le 1er juillet 2022 : seule la mention sur la facture compte. Vérifiez plutôt les trois conditions avec le client avant le devis, et notez la date de première occupation du logement dans le dossier.

Erreur n°4 : oublier la mention légale sur la facture

La mention légale sur chaque facture à 6% n’est pas facultative. La configurer une bonne fois pour toutes dans le logiciel de facturation suffit pour ne plus y penser.

Erreur n°5 : ne pas séparer meubles et électroménagers

Sur une facture de cuisine, les meubles fixés sont à 6% et les appareils électroménagers à 21%. Tout mettre au même taux expose à un redressement. Il faut prendre le temps de ventiler correctement.

Erreur n°6 : appliquer le 6% sur des travaux exclus

Piscine, sauna, jacuzzi, aménagement de jardin non lié au bâtiment : même dans un logement de 50 ans, ces travaux restent à 21%. La liste des exclusions n’est pas longue, mais il faut la connaître.

Conséquences d’un redressement

Voici ce qui arrive concrètement quand l’administration fiscale constate que le 6% a été appliqué à tort :

Ce qui est réclaméCombien
La TVA manquantel’entrepreneur doit payer la différence entre 6% et 21%, soit 15% du montant HTVA des travaux concernés
Les intérêts de retardcalculés à partir de la date d’exigibilité de la TVA
Une amende administrativequi peut aller de 10% à 200% de la TVA due, selon la gravité et la bonne foi

Sur un chantier de 20 000 euros HTVA, la différence de TVA seule représente 3 000 euros. En ajoutant les intérêts et l’amende, la facture grimpe vite.

Le meilleur réflexe : dans le doute, facturer à 21%. Il est toujours possible d’émettre une note de crédit et de refacturer à 6% si la confirmation des conditions arrive ensuite. L’inverse (passer de 6% à 21% après coup) est beaucoup plus compliqué et coûteux.

Récapitulatif : checklist avant chaque facture à 6%

Avant d’émettre une facture au taux réduit, cette liste doit être passée en revue :

  1. Le bâtiment a plus de 10 ans depuis sa première occupation ?
  2. Le bâtiment est utilisé principalement comme logement privé (plus de 50% de la surface) ?
  3. La facture est adressée au consommateur final (personne physique, pas une société) ?
  4. Les travaux ne figurent pas dans la liste des exclusions (piscine, électroménager, jardin, etc.) ?
  5. La date de première occupation et l’usage du logement sont notés dans le dossier ?
  6. La mention légale figure sur la facture ?

Six cases cochées ? La facturation à 6% peut se faire en toute sérénité. Une seule case vide ? Il faut s’arrêter et vérifier avant de facturer.

Questions fréquentes

Quand peut-on appliquer la TVA à 6% dans le bâtiment en Belgique ?

La TVA à 6% s’applique lorsque trois conditions sont réunies simultanément : le bâtiment a plus de 10 ans (depuis sa première occupation), il est affecté principalement au logement privé, et les travaux sont facturés directement au consommateur final (propriétaire, locataire ou usufruitier). Si une seule de ces conditions n’est pas remplie, le taux de 21% s’applique.

Comment calculer si un bâtiment a plus de 10 ans ?

L’ancienneté de 10 ans se calcule à partir de la date de première occupation du bâtiment, et non à partir de la date du permis de bâtir ou de la fin des travaux de construction. C’est le moment où quelqu’un a effectivement habité le logement pour la première fois qui fait foi. En cas de doute, une vérification au cadastre est possible, ou le client peut fournir un document attestant de la date de première occupation.

La TVA à 6% s’applique-t-elle aux panneaux solaires ?

Oui, les panneaux solaires photovoltaïques et thermiques bénéficient du taux réduit de 6% à condition qu’ils soient installés sur un logement privé de plus de 10 ans et facturés au consommateur final. Les panneaux sont considérés comme faisant partie intégrante du bâtiment puisqu’ils sont fixés à la structure.

Quelle TVA pour une cuisine équipée en rénovation ?

Pour une cuisine en rénovation d’un logement de plus de 10 ans, il faut distinguer deux catégories sur la même facture. Les meubles de cuisine fixés au mur ou au sol (caissons, plan de travail, évier) bénéficient du taux de 6%. En revanche, les appareils électroménagers (four, hotte, lave-vaisselle, réfrigérateur encastré) restent soumis au taux de 21%, même s’ils sont intégrés dans les meubles.

Faut-il encore une attestation pour facturer à 6 % ?

Non. L’attestation TVA a été supprimée : depuis le 1er juillet 2022, elle est remplacée par une mention obligatoire sur la facture. Le client dispose d’un mois pour la contester par écrit ; sans contestation, il est présumé reconnaître que les conditions du taux réduit sont remplies.

Quelle mention mettre sur la facture à 6% de TVA ?

Chaque facture à 6 % doit comporter la mention légale : « Taux de TVA : En l’absence de contestation par écrit, dans un délai d’un mois à compter de la réception de la facture, le client est présumé reconnaître que (1) les travaux sont effectués à un bâtiment d’habitation dont la première occupation a eu lieu au cours d’une année civile qui précède d’au moins dix ans la date de la première facture relative à ces travaux, (2) qu’après l’exécution de ces travaux, l’habitation est utilisée, soit exclusivement, soit à titre principal comme logement privé et (3) que ces travaux sont fournis et facturés à un consommateur final. Si au moins une de ces conditions n’est pas remplie, le taux normal de TVA de 21 % sera applicable et le client endossera, par rapport à ces conditions, la responsabilité quant au paiement de la taxe, des intérêts et des amendes dus. » L’absence de cette mention peut entraîner des sanctions.

La TVA à 6% s’applique-t-elle aux parties communes d’un immeuble ?

Oui, les travaux sur les parties communes d’un immeuble à appartements bénéficient du 6%, à condition que l’immeuble ait plus de 10 ans et que la surface soit principalement affectée au logement privé (plus de 50%). Si l’immeuble abrite aussi des commerces ou bureaux, il faut que la partie résidentielle soit majoritaire.

Qu’est-ce que le régime du cocontractant ?

Le régime du cocontractant (ou autoliquidation) s’applique lorsqu’un entrepreneur en bâtiment facture des travaux immobiliers à un autre assujetti à la TVA, typiquement en cas de sous-traitance. Le sous-traitant ne facture pas de TVA. C’est le donneur d’ordre qui déclare et paie la TVA dans sa propre déclaration. La facture doit porter la mention : « Autoliquidation, TVA à acquitter par le cocontractant, art. 20 de l’AR n°1 ».

Que risque un entrepreneur qui applique 6% à tort ?

L’entrepreneur est responsable du paiement de la différence de TVA (15% du montant HTVA), majorée d’intérêts de retard et d’une amende administrative pouvant aller de 10% à 200% de la TVA due. Sur un chantier de 20 000 euros, cela représente au minimum 3 000 euros de TVA manquante, sans compter les pénalités. La mention sur la facture reporte la responsabilité sur le client s’il ne la conteste pas, mais pas si l’entrepreneur avait des raisons de douter des conditions.

La TVA à 6% s’applique-t-elle aux bornes de recharge ?

Oui, l’installation d’une borne de recharge pour véhicule électrique bénéficie du taux réduit de 6% si elle est installée dans un logement privé de plus de 10 ans et facturée au consommateur final. La borne est considérée comme un équipement fixé au bâtiment. Les mêmes conditions que pour tous les autres travaux de rénovation s’appliquent.

En résumé

La TVA dans le bâtiment en Belgique repose sur une logique simple : 6% pour la rénovation de logements privés anciens, 21% pour tout le reste. Mais le diable est dans les détails.

Trois réflexes essentiels :

  1. Vérifier systématiquement les trois conditions avant chaque chantier. L’ancienneté du bâtiment, son affectation, et l’identité du client.
  2. Toujours mettre la mention légale sur chaque facture à 6 %. Plus d’attestation à faire signer depuis 2022.
  3. Dans le doute, facturer à 21%. La correction ultérieure est possible. L’inverse coûte beaucoup plus cher.

Et si une situation semble ambiguë, consulter un comptable est la démarche la plus sage. C’est son métier, et cela coûtera toujours moins cher qu’un redressement fiscal.

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